"Douce souffrance"
La douce souffrance que tu m’enseignes
n’est ni un châtiment, ni une condamnation,
mais une lente alchimie qui transforme le sel des larmes en éclat de soleil sur la peau fatiguée.
Avec elle, j’ai appris à marcher seule au milieu de la foule, à reconnaître ma propre respiration dans le tumulte des voix qui ne savent rien de moi.
Il existe une solitude puissante, silencieuse, qui devient refuge : un espace où le cœur retrouve son propre tempo et insiste à battre, même quand tout semble muet.
Cette douleur — douce et cruelle à la fois —
ne me renverse pas : elle m’invite à danser.
D’abord les yeux clos, timide, incertaine,
puis les pieds de plus en plus sûrs, défiant le sol lui-même, jusqu’à ce que le corps, délivré de ses peurs et de ses hontes, ose prendre son envol.
Et je vole, je vole… non parce que des ailes me sont données, mais parce que j’ai appris à croire que je pouvais les créer.
De toi, souffrance délicate, j’ai reçu des muscles dans l’âme.
J’ai gagné l’audace de déplacer des montagnes qui, autrefois, me semblaient éternelles et immobiles.
Aujourd’hui, je réduis les rochers sous le toucher de la persévérance, je transforme les abîmes en sentiers, et je marche sur la me — non pour défier la logique,
mais parce que l’impossible
n’attend que le courage de quelqu’un pour être franchi.
Toi, douleur qui caresse, tu m’as appris à aimer ce qui fait mal : à m’aimer lorsque je tombe, à m’aimer lorsque je pars, à aimer ceux qui restent et ceux qui s’éloignent, à voir dans chaque fin la courbe d’un nouveau chemin, et jamais un mur infranchissable.
Avec toi, j’ai compris que la vie ne se répète pas et que je ne suivrai plus jamais les mêmes routes, car mon empreinte a changé
et le monde, là où je marche, se transforme un peu sous mes pas.
Douce souffrance, maître sévère et tendre,
toi qui m’as pliée pour me rendre plus souple, toi qui m’as brisée là où je devais me reconstruire, merci pour cet amour discipliné qui m’a fait grandir dans l’ombre
et fleurir même dans la pierre.
Aujourd’hui, je vais forte, vulnérable, entière.
Je te porte comme on garde une carte secrète : la mémoire de celle que j’étais,
la certitude de ce que je peux devenir.
Car c’est toi qui me rappelles
que vivre, c’est brûler et malgré tout,
continuer à éclairer.
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